lundi 5 décembre 2016

Passeur de mots, le silence




Lorsque le silence ajoure les paroles, le laisser signer.
Traces dans la neige de la page blanche.
Ecritures











" Je déteste les histoires , lire ou écrire des histoires. " Et pourtant toute la journée il écoute des histoires. Il n'en guette aucune, seulement le moment de leur bascule. Lorsque celui-ci vient à frayer un parcours nouveau. Il est vrai il déteste les histoires. Il est seulement dans l'attention de cette bascule. Antichambre d'un éveil. A la perturbation d'un mot. D'une irritation inopinée d'un ton. D'une voix enfantine prenant son essor dans l'arche de la parole. Et qui déblaie. Qui remue. Et trie et évacue. Les scories du familier. Familier toujours. Déshabillé de ses outrances habituelles, de reconnaissances, de demandes sans cesse, de désirs sans queue ni tête. Cette perturbation soudaine. Oui, il la guette. Apprenant. Ou apprenti des voyages des phrases. De leur point de bascule. Sans cesse.



samedi 3 décembre 2016

Hospitalité du silence









Il est une silencieuse naissance de la parole. En cette nuit tombante. A qui parles-tu  donc ? Même à mi-voix. Aucune voix ne parle sans dialogues. Propulsant l'intensité des corps. Elles sont. Voix rauques. Voix fraîches. Filets de voix. Face au monde.  Rainures d'écritures devenues.



jeudi 1 décembre 2016

Lumières d'hiver






Je l'aurais croisé dans la rue, c'est sûr, je l'aurais reconnu. Pourtant c'est sa mère qui était venue me parler, elle m'avait dit la fois dernière qu'il s'était jeté du pont, cela ne pardonne pas, il y avait une barque avec un pêcheur pas loin. Le pêcheur a entendu un grand bruit, il a eu tout juste le temps de se retourner. Il a appelé les pompiers, les secours sont arrivés très vite. Il s'est retrouvé à l'hôpital, fuyant les voix qui l'ont envahi sans crier gare, elles s'étaient organisées autour de mots, de sons venus de nulle part, tirées de l'épuisette de sa parole désamarrée.  La mère s'inquiète de son sort quand elle ne sera plus là. Elle le voit sur son radeau à la dérive du temps de sa vie. Elle préfère parfois ne voir que l'ici et maintenant, il va mieux, les voix se sont éloignées. Il est rentré à la maison, il dort, il fume, il boit du café, il prend ses médicaments. Elle s'est levée, elle a quitté la pièce. Elle m'en avait tant parlé que j'ai cru le voir dans le couloir. Je ne le connais pas mais c'est sûr, je l'aurais reconnu. Il m'aurait fait un signe de la main. Je lui aurais fait un signe de la main. Fantômes dans les couloirs de la vie. Solidaires...







vendredi 18 novembre 2016

Ronde de nuit






                                                                          Claire et ronde            
                                                                              Est la nuit
                                                                                        
                                                                               
                 
                                                                                    

                                                                     
                                                                             
                                                                                                

jeudi 17 novembre 2016

Archipéliques




 Sur une peinture de Bona Mangangu
huile sur papier. 200×200 cm. 2016.








Ouvertures réel

Caresse silence







                                   Dans la lumière matin

Lianes verdures 

            Devenues encre

                                                                A même le mur 

                     Caresse silence 






mercredi 16 novembre 2016

confusion des langues








C'est une lumière, en son midi d'hiver, miroirs ocres, lustrés de vert. Refuges d'eau. Hésitant entre deux saisons. Dans leurs silences de pierre.  Ils se sont dissous dans les nuages. Au  mi-temps du lit. C'est une rivière qui roule ses mots en leurs promesses infinies. Confusion des langues. Mirages nature. Elle ne cesse mais pourtant n'y a cru.



lundi 14 novembre 2016

là où le mot faillit











Esprits de l'arbre, mânes de l'automne, ils ont épelé ce matin les feuilles, éveil regard, là où le mot faillit.




dimanche 13 novembre 2016

Histoires d'herbes











C'est en cherchant des lignes, des courbes, des fragments et des brisures, qu'elles sont apparues, mot à mot, euphonie nature, habitant le silence suspendu à son battement d'ailes. Au retour, du tréfonds de la terre, dans le rythme des pas, a résonné l'injonction monde. Habite l'herbe sienne, l'herbe verte, l'herbe folle, l'herbe cursive, en ses bouquets incessants. Parole d'eau. Dans le creux de l'oreille.