vendredi 20 octobre 2017

goutte à goutte quelques instants encore






la rosée s'égoutte
pour un peu l'on voudrait rincer
le monde flottant ( basho)

goutte à goutte
le matin
encore incertain


sois fidèle !
même la fleur sans voix
parle au creux de ton oreille ( onitsura)

reste fidèle
écoute le silence
poules d'eau encore 

est-il un homme
qui ne prendrait son pinceau ?
la lune aujourd'hui ( onitsura )

ronde est la cloche
qui retentit sur le fleuve
aujourd'hui encore

ainsi va l'automne
et moi je vais sans dieu 
ni bouddha ( shiki)

outretemps outremer
est le bleu ce matin
toujours sans soleil





mercredi 18 octobre 2017

le fauteuil / historioles 2




Il est tombé en voulant chercher un bout de chocolat sur les étagères il est tombé du fauteuil est resté deux heures par terre avant que l'aide à domicile n'arrive pour préparer le repas du soir rester ainsi sur le carreau et nulle autre issue que de s'échapper en gambadant dans sa tête en imaginant des choses qui n'ont jamais été vivre ainsi dans l'encadrure de la fenêtre où tombe le soleil dans la cuisine tout ça pour un chocolat cela en valait-il vraiment la peine a-t-il dit il ne cesse d'écrire encore et encore et d'envoyer cela à ses undisclosed-recipients certains lui répondent d'autres restent silencieux gênés parfois de ses confidences mais de ses pérégrinations en fauteuil dans la ville le soir venu il prend de si belles photos que tous restent interloqués de le voir revisiter ainsi leur quotidien tram devantures rues en pentes château ah oui sans mots dire sans mots de la fin non il attend tous les jours trois fois par jour qu'on lui vienne en aide il attend de ne plus tomber en ses moments de solitude l'angoisse l'entraîne parfois comme en un courant et il n'arrive à s'en extraire il aimerait tant observer tout cela du rivage mais c'est plus fort que lui alors il écrit il écrit oubliant les feuilles du pommier à la semaine prochaine m'a-t-il dit en traversant la voie du tram j'ai pensé à lui





lundi 16 octobre 2017

historioles







Je veux donner mon corps à la science donner mon cœur mes poumons mes reins que ce corps serve à quelque chose je n'en veux plus de mon corps je voudrais que la science en fasse autre chose que ce que la nature m'a donné son accent déterminé disait l'intensité de sa tristesse désespoir d'un handicap passée la colère à trébucher depuis des années sur les mots de la langue courante que dire face à son désarroi le destin peut-il infléchir à ce point un parcours de vie accepter est-il un mot si immense si inaccessible telle la montagne de la vie accepter d'entendre sa douleur serait-ce déjà le début du chemin accepter ses doux yeux d'enfant tranquille accepter sa générosité accepter sa vivacité et ses rires serait-ce par ce biais là aussi que pourrait se faire le chemin de l'acceptation accepter n'est-ce pas seulement accepter le désastre mais aussi les si petits bonheurs du jour et sa voix intérieure qui disait aussi la société me laissera-t-elle à la rue comment vais-je vivre me nourrir me loger la question laisse sans voix et bien démuni pour qui veut l'entendre c'était sur le banc de la vie qui regarde passer les promeneurs du jour éclopés handicapés désespérés tous solidaires de ce manque qui fait gîter la vie tempêtes permanentes avec ces quelques mots dans la poche j'ai repensé à ce doux poème d'automne
l'eau du bain
où la jeter
le chant des insectes
minuscule travail de fourmi que ce travail Pénélope des mots emmêlés il s'y s'accroche l'espérance mais où donc as-tu mis le couvert
la cloche du soir
et le bruit des kakis mûrs du temple
qui tombent
peut-être en ce réservoir de l'or d'automne venu se loger dans l'instant mais suffiras-tu à apaiser le bruit de la pluie qui goutte sur le rebord de la fenêtre






dimanche 15 octobre 2017

matins kakis









le calme discret des kakis
absorbe le soleil 
au plus profond (Fura )

or du matin
se balançant au vent
voix d'automne
 
dites leur bien
que j'étais un mangeur de kakis 
aimant les haikus ( Shiki)

des feuilles encore des feuilles
toutes multicolores
ai posé ma tête

trois mille 
haikus épluchés
des kakis deux seulement ( Shiki) 

bonheur d'un ciel vide
sans feuilles aucune
me dénude l'âme


samedi 14 octobre 2017

heures bleues




Paru le 1er octobre 2017 sur le site " Les cosaques des frontières "
Un  grand merci à Jan Doets

vendredi 13 octobre 2017

oreiller d'automne





l'automne vient
le chiot qui ne le sait pas
est un bouddha ( issa)

un cri d'oiseau
dans la pluie fraîche
éternel matin

au fond de la brume
le bruit de l'eau
je pars à sa rencontre ( hôsai )

tout près de l'herbe
la nasse pleine
de carpes frétillantes

automne en montagne
tant d'étoiles
tant d'ancêtres lointains ( Setsuko )

la nuit doucement
derrière les arbres
et son oreiller de nuages


jeudi 12 octobre 2017

petits riens sans conséquences


L'escargot
une corne courte l'autre longue
qu'est-ce donc qui le trouble ? ( Buson )

Un bruit que l'on ne reconnait
poules d'eau
ou hérons cendrés ?

Dans les jeunes herbes
le vieux saule
oublie ses racines ( Buson)

En marge du jour
amitiés
pour petites choses

Feuille morte au vent
de temps en temps
le chat la retient de sa patte ( Issa) 

Aimerais ses griffes
pour retenir
le vent du soir




dimanche 8 octobre 2017

" chemins humides "














Chacun appelle idées claires
celles qui sont dans le même degré de confusion
que les siennes propres




Pas de vagues en dehors de l'eau
fracas de mémoires froides
c'est une confusion familière
où dérive dérive
tout le sel de l'impermanence
















On  dit que le koan est un énoncé paradoxal à méditer qui ne se résout pas par la logique qu'est-ce donc qui pourrait lui venir en échos et non en réponses je me suis amusée à en imaginer à partir de petits riens d'automne vus d'en bas

vendredi 6 octobre 2017

or d'automne






c'est un bananier égaré en ses éclats d'automne feuilles fraîches refuge d'abeilles il s'y déchire  lumières et nuits ce n'est la faute ni des mouettes ni des nuages ni de personne oh de personne a dit le vent passent les saisons mais reste l'instant le seul instant l'unique instant l'un après l'autre éternité pas à pas ombres d'or glacis de fruits












mercredi 4 octobre 2017

Vues d'en bas 3 la montagne parfois








Si tu parviens au sommet de la montagne continue de monter 

Le vent le vent
tempête pourtant
nuages toujours

Montagne au loin
où la chaleur du jour
s'en est allée ( Ryokan )



Pourtant pourtant
 chaleur en jambes
où donc est la montagne

Une illusion
peut-elle
exister ?

Sous mes pieds
le sentier et ses ornières
soleil  pourtant ombres toujours









On  dit que le koan est un énoncé paradoxal à méditer qui ne se résout pas par la logique qu'est-ce donc qui pourrait lui venir en échos et non en réponses je me suis amusée à en imaginer à partir de petits riens d'automne vus d'en bas

mardi 3 octobre 2017

Vues d'en bas 2











La fraîcheur
j'en fais ma demeure 
et m'assoupis ( Basho)


Bruit dans l'eau
un ragondin
peut-être

Le voleur m'a tout emporté
sauf la lune
qui est à ma fenêtre (Ryokan)


De l'herbe encore de l'herbe
hirsute
dans le jardin de ma main







lundi 2 octobre 2017

Vues d'en bas 1








Quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ?

Sous les feuilles
raisins encore
claquant dans le vent




On  dit que le koan est un énoncé paradoxal à méditer qui ne se résout pas par la logique qu'est-ce donc qui pourrait lui venir en échos et non en réponses je me suis amusée à en imaginer à partir de petits riens d'automne vus d'en bas








samedi 30 septembre 2017

petits riens





Sous la lune du soir
L’escargot
Torse nu ( Issa)


Une herbe qui ploie
Sous les pieds soudain
Pesanteur pesanteur


 Aux fleurs de pruniers
Je parsème de sardines
La tombe de mon chat( Issa)


Traces de pas 
Présences
Toujours

La face de la lune ?
douze ans d’âge environ
dirais-je
(Issa)


Sous le banian
Comptine d'enfant
Embrasse un songe



vendredi 29 septembre 2017

petites choses




Rien qui m'appartienne
Sinon la paix du coeur
Et la fraîcheur de l'air ( Issa)



Feuilles sèches 
Contre la pierre
Déchirent le silence

De temps en temps
Les nuages nous reposent
De tant regarder la lune ( Basho)

Pluie sur les herbes
Vent sur la berge
Longue nuit qui s'annonce

Longue nuit
Le singe rêve au moyen
D'attraper la lune ( Shiki)

Soudain le vent
Passent les nuages
Bonheur d'un trait de lumière

















dimanche 24 septembre 2017

Dialogues matin






L'eau est si froide 
qu'elle ne peut s'y endormir 
la mouette ( Basho)

Dans son miroir
Est venu le jour
Sur la pointe d'une herbe
 
Même mon ombre 
est en excellente santé
premier matin  ( Issa )

Entre deux herbes
Eclats du jour
Contre mes pieds

Sur une branche
Un corbeau s'est posé
Vent d'automne ( Basho)



Mouettes frileuses
Battements d'ailes
Où sont les barques


samedi 23 septembre 2017


 
Déterrage de radis – Avec le radis, le chemin – m’est indiqué. | L'art du Haiku




Celui qui déterre les radis montre le chemin avec un radis écrivait Issa 
désignant dans le même geste l'antimonde du radis dans le potager des pensées


jeudi 14 septembre 2017

Belles de nuit






 ouvertes encore ce matin ombrelles nocturnes aux noms de choses que ne vivez-vous en ce bas monde travaillez-vous bavardez-vous lovées en pleine terre
simplicités dans l'attente d"une nouvelle nuit encore

jeudi 7 septembre 2017

Un rêve


Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vu depuis le col Misaka dans la province de Kai.

Hokusai, 
35ème vue du Mont Fuji
Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vu depuis le col Misaka dans la province de Kai



Elle nageait l'eau était chaude encore quand soudain l'automne est arrivé les courants l'ont alors entraînée une main obscure lui enfonçait la tête et malgré tous ses efforts elle ne parvenait à respirer cela fut si long qu'elle lâcha tout mouvement et toute pensée décida de se laisser couler le fond lui paraissait accueillant désormais je fermai les yeux moi aussi et en écoutant ses débats avec l'eau devenue si inhospitalière je ne sus pourquoi s'est imposée à moi ce poème de Li Po  :

"Les oiseaux ont disparu dans le ciel
Le dernier nuage s'est évanoui
Nous sommes assis ensemble
La montagne et moi
Jusqu'à ce que seule la montagne demeure"

la montagne était devant moi et doucement seule n'exista plus que la montagne seule n'exista plus que l'eau... l'eau toujours plus basse telle était sa devise
ouvrir les yeux c'était cette nuit en ce rêve dont il fallait restaurer la fiction ne pas en affirmer l'existence 
c'était cette nuit n'est-ce pas me suis je entendue le lui dire....

dimanche 20 août 2017

marguerite






Elle s'appelait marguerite c'était un temps où les quadrupèdes portaient des noms floraux était-ce au début du siècle dernier marguerite était en champs et son regard balayait l'horizon elle cherchait sa  baignoire rouillée où croupissait l'eau et où cohabitaient lentilles et grenouilles mais quel ingénieux bipède a imaginé cette pompe amenant l'eau fraiche comme d'un immense abreuvoir immergé dans la Loire pensée pour les plaines agraires ou plus encore n'est-ce son amour immodéré pour les quadrupèdes aux doux yeux langoureux 



Sygnes matin




















Je les ai vus comme je vous vois dans leurs ablutions matinales je ne les pensais vivants que dans les contes d'enfant ou sur les lacs dansants ils s'ébrouaient si discrets qu'on les aurait pris pour des poules d'eau ou des ragondins ombres noires  entre plumes et poils êtres étranges sur le chemin transmutation c'est un temps devenu fleuve douceur matin couleurs lumières  ne le savez vous pas m'ont-ils dit dans le creux de l'oreille message transmis amis de toujours surgis du sable du rivage







lundi 14 août 2017

mémoires matin







il avait lu pendant des années ces phrases il n'y a pas de preuves il n'y a que des signes et voilà qu'entendues avec ces autres mots si désarticulés raison  foi voilà que sont advenus les signes d'un mystère au bord d'un réel qui soudain fait signe sans preuve aucune là où l'on ne peut qu'être incrédule là où il n'est plus possible de raisonner ni de démontrer face à ces signes d'un matin si fragile duquel fides et voilà que monte le mystère de ton humanité de ton amour malgré tout pour celui qui découvre l'essentiel de ce qui est à vivre là sur le seuil là où se règlent les comptes d'une vie là où certains s'en remettent au jugement de dieu et d'autres seulement à celui du langage pour dire au plus intime ce qu'est la vie la vie toute simple la vie avec sa cuisine des choses quotidiennes aimes-tu a-t-elle dit en son for intérieur mémoires revisitées neuves enfin dépouillées de leurs déceptions de leurs rêves ou de leurs espérances c'était sur le chemin le long de la côte le vent soufflait comme toujours faisant signe lui aussi de ce qui s'ouvrait ainsi sous les pas 





mardi 8 août 2017





Après-midi hésitant
Tiédeur du vent

A fleur d'écume
L'été s'en va



lundi 7 août 2017

au plus fort des vagues insomnie













Connais-tu l'océan à C.. ? Comment te dire c'est là où il l'a écrite cette pauvre histoire... tu ne me crois pas ...mais comme tu le connais... t'y vois-tu ? ... car tu y es peut-être toi aussi sur le sommet de cette colline... écoute alors... il était parti il y a longtemps déjà comment dire cela fait quelques décennies qu'il cherchait cette butte de terre qui surplombe l'océan...il avait demandé à tant de monde... il cherchait son chemin et la pierre à forme humaine au sommet de la colline... oui tu sais celle que tu as vue hier qui surplombe l'océan...il y en a qui demandent où est la mer il faudrait leur dire ah oui l'océan mer c'est ce que vous cherchez pauvres bêtas qui cherchez l'eau... et parce qu'ils l'aiment ils la nomment mer... tout ce qui leur tombe sous la main des mots... mais tant que les mots n'arrivent pas encore au pied de ce que peuvent dire les mouettes du large... comment veux-tu dire... il a cherché sur les cartes il a examiné les photos mais c'est une ballade par hasard le long du sentier côtier qui l'y a amené... par ici il n'y a qu'histoires de marins mais lui s'est souvenu d'une histoire venue de la terre... tu veux que je te raconte ce qu'il a trouvé dans les archives du village ? il l'a écrite et puis raturée et puis réécrite... mais tu sais parfois son esprit vagabonde... il regarde les mouettes dans le ciel... cela le perturbe c'est sûr... drôle d'histoire est-elle vraie est-elle fausse je n'en sais moi-même rien... mais peut-être n'as-tu vraiment pas besoin de cette vérité.... tout ce que je vais te dire n'est peut-être pas si faux je le tiens de lui je l'ai vu comme je te vois il buvait à cette table un soir où je me suis assise... tu n'as même pas besoin de fermer les yeux et de humer le large et de te dire dans ta tête pour toi seul comme quand tu étais petit " il était une fois ou peut-être deux"... c'est l'histoire d'une roche à forme humaine et l'on raconte dans les terres que c'était une femme qui était venue là elle portait son enfant et attendait attendait et il faisait si froid et les saisons passaient... ah non tu ne me crois pas ? ah excuse moi je te voyais sourire je me suis méprise je croyais que tu ironisais non non je continue ? elle attendait son homme qui était parti naviguer au loin... voyageur ou pêcheur on ne sait exactement ce qu'il est devenu pour les gens de la terre c'est la même chose...et puis tu sais dans le village d'où elle vient avec son enfant et d'où elle n'est jamais revenue oui les gens du village racontent qu'elle était en voyage quand ayant perdu ses parents les services sociaux se sont occupés d'elle... elle a grandi et puis elle a trouvé du travail et puis rencontré cet homme... ils se sont plus se sont connus ont eu un enfant ont établi leur vie ensemble...oui il y a du vent ici... sacré vent il emporte tout démâte même les bateaux qui partent au large... orages surtout après la mi-aout... un jour qu'elle se lavait les cheveux elle les lâcha devant elle et l'eau coula sur ses cheveux cela faisait des milliers de chemins d'eau petits serpents à travers la forêt et soudain il voit une cicatrice... l'homme ou celui qui écrit ? les deux tu me diras... ont eu le regard accroché par cette étrange tache rosée cicatrice chéloïde qu'on ne trouve que là étoile boursoufflée à même la tête... alors l'homme lui posa cette question comment donc t'es-tu fait cette blessure ? elle sourit et dit oh il y a très longtemps je jouais avec mon frère quand il a laissé tomber des mains un petite chose je ne me souviens plus quoi sur ma tête... alors on nous a séparés... celui qui écrivait leva la tête et non tu ne devineras jamais... c'est peut-être pure invention de ma part mais voilà ce qu'il a retranscrit tu sais c'était mon frère et il m'a blessée... l'homme sursauta... celui qui écrit ou l'homme qui vit dans le village en pleine terre ? les deux peut-être... regarde toi-même tu as sursauté... l'homme du village en pleine terre se leva le visage défait il observa la jeune femme cherchant soudain des moues familières il quitta la maison... on ne le revit jamais... les gens du village racontent que c'était son frère qui après lui avoir fait cette blessure partit pour toujours mais voilà qu'il l'avait retrouvée et que par deux fois il l'avait blessée... alors elle est allée au bord de l'océan elle l'attend sur cette butte et la voilà devenue pierre... frère et soeur dit la langue... avait transcrit l'homme... que dis-tu... cause toujours... ah ça te cause !...tu vois la pierre faite femme attend toujours... les saisons ont passé... le froid le chaud ne l'ont pas fissurée... ah tu crois qu'il a seulement copié cette étrange histoire que racontent les pauvres d'esprit du village ? toi non plus tu n'y crois pas... à quoi ? écoute le bruit des vagues... et les cris des mouettes qui se fracassent sur le roc du rivage... étrange langue océan face à la terre d'où se lèvent les mots obscurs qui défendent l'accès... que dis-tu ? je m'emballe je m'emballe et tu n'en crois pas un mot...je te dis que je ne fais que raconter ce que j'ai entendu il me l'a dit l'autre soir là à cette terrasse de café il était assis sur cette chaise il buvait ce drôle d'alcool qu'ils font par ici ah il a dit aussi qu'il n'écrit que le soir... quand tombe le bruit des hommes... mais au plus fort du grondement des vagues insomnie... 


Sur la proposition numéro 4 de l'atelier d'écriture de  F.Bon
 à partir de Nathalie Sarraute : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4456

dimanche 6 août 2017

océan immodéré






En me retournant m'est venue cette question pourquoi cet amour inconditionnel pour les vagues si ce ne sont ces doigts rencontre à jamais dans le ciel voûte du monde marche avait-il dit tu es arrivé tu es chez toi et " quand ton esprit n'est pas encombré de choses inutiles c'est la meilleure saison de ta vie"  disait Wu-Men




vendredi 4 août 2017

marins en mer








Je l'avais cherchée pendant des années la retrouvant par hasard petite chapelle ou temple votif pour les marins morts en mer c'était à Port Crouesty vers Arzan à l'entrée du chenal la mémoire a parfois ses certitudes quand arrivée au bas de la colline j'ai tout de suite su que c'était elle emplie encore des paroles de ceux qui les attendaient debout sur la jetée et le soleil et la lumière qui ne font oublier la présence des leurs et puis de ces mille petits riens en leurs regards océan tournés vers ces petits éclats  fragrances d'algues en route dans le temps





mardi 1 août 2017

floc












C'était en plein désert arches d'eau myriades de gouttes elles éclaboussent le regard fraîcheur fraîcheur à travers les barreaux fenêtre de l'aimée mais pourquoi les barreaux pourquoi cette ombre espérances de désert que ne hais-tu douceurs alhambra





lundi 31 juillet 2017

les chemins familiers







je ne suis pas triste avait-il dit c'est étrange à un moment donné ma vue ne voyait plus mon oreille n'entendait plus comme lorsqu'on s'endort et que les perceptions vous quittent une à une pour sentir seulement le serrement de la main d'une présence familière avec le sentiment que la vie de soi animal s'en allait mais le chemin  qui l'anime toujours vivant temps de passage des petites fins d'une fin de vie non je ne suis pas triste seulement surpris par cette nouvelle expérience que je n'avais jamais vécue serait-cela une fin de vie où seul compte le chemin sans ponctuation aucune sans but aucun il n'est que le sot qui regarde le bout du doigt qui désigne la lune ne sois pas triste je ne le suis pas je suis seulement content que tu marches sur mes chemins familiers elle avait raconté cela le ton de sa voix avait changé au cours des mots elle pensait seulement en être détachée car sa vie suivait un chemin  parallèle mais ses mots l'avaient ramenée à ce temps où s'était installé l'oubli Au milieu du chemin de notre vie Je me trouvais dans une forêt obscure D'où la voie droite avait disparu avait écrit Dante dans la Divine Comédie











dimanche 30 juillet 2017

Fenêtres sur âme




Dans la vallée de l'Urola à Azpeita une église fut construite autour d'une maison fortifiée elle l'encercle peut-être même l'étouffe et sur les murs restent encore des dessins d'enfant qui rêvent de voyages toutes voiles dehors et il y eut tant d'écritures et de ratures et puis aussi une cheminée où le regard caresse encore et le bois et le feu et le chaudron et puis aussi la soupe au parfum toujours présent l'enfant a vécu dans ces murs avant de s'en éloigner pour se dépouiller et mieux dénuder son âme il y eut voyages errances luttes et rencontres contemplation dans l'action avait-il dit énoncé paradoxal à méditer mais n'est-ce ce que l'on nomme koan il s'appelait Ignace était né en 1491 c'était à Loyola dans la vallée de l'Urola à Azpeita et voulant sonder son regard étrange a résonné dans le suspens du silence cette toute aussi étrange phrase " la rose est sans pourquoi" que cherches tu donc





vendredi 14 juillet 2017

disparition






Je l'ai retrouvée sur la plage l'on m'a dit c'est le pêcheur parti tôt ce matin qui l'a laissée jamais pourtant je ne l'ai croisé ai imaginé sa remorque pleine de poissons et de coquillages abondance en route incessante à travers la plage seule est restée sa trace ensablée au milieu des algues me suis installée pour guetter fermement son retour





jeudi 13 juillet 2017






leçons de choses histoires de rien et ces questions d'enfant pourquoi les oiseaux ont-ils des têtes noires et des pattes rouges que n'épuisent les réponses amenées par le vent sternes sternes sternes a pourtant dit l'écho